Les vins bios et naturels : pourquoi y trouve-t-on parfois des produits d’origine animale ?

6 avril 2025

Pour comprendre pourquoi certains vins, même bio ou naturels, peuvent contenir des traces de produits animaux, il faut commencer par parler d’un processus-clé dans l’élaboration du vin : le collage. Mais, avant tout, c’est quoi encore ce collage ? Non, on ne parle pas de DIY ou de bricolage ici, mais d’une étape technique destinée à clarifier et stabiliser les vins.

Quand le vin fermente, il génère un joyeux bazar de particules en suspension : résidus de levures, peaux de raisins, protéines instables... Bref, tout ce joli petit monde peut rendre le vin trouble ou créer des dépôts. Pour obtenir un vin limpide et commercialement "propre", les vignerons ont recours au “collage” : ils ajoutent une substance qui va littéralement “coller” aux particules indésirables et les faire tomber au fond de la cuve. Voilà, un vin brillant, prêt à être mis en bouteille !

Le hic dans tout ça ? Les agents de collage traditionnellement utilisés dans le monde du vin sont souvent issus d’animaux :

  • La colle de poisson (ou isinglass) : extraite de la vessie natatoire des poissons.
  • L'albumine : fabriquée à base de blanc d’œuf. Oui, les œufs ne servent pas qu’au brunch !
  • La caséine : une protéine tirée du lait. Parfait pour clarifier les vins blancs, dit-on.
  • La gélatine : produite à partir de peau ou de cartilage animal.

Ces substances sont utilisées depuis des siècles et ne restent généralement pas dans le produit final. Mais cette tradition soulève forcément quelques interrogations si vous êtes végans, allergiques ou simplement curieux du contenu réel de vos boissons.

Vous vous demandez sûrement pourquoi les vignerons continuent d’utiliser des produits d’origine animale quand des alternatives végétales existent, non ? Allez, on creuse la question pour vous.

Une histoire de tradition et d’efficacité

Les techniques viticoles traditionnelles ont souvent recours à ce qui fonctionne le mieux et le plus vite, et il se trouve que les produits animaux (albumine, colle de poisson, caséine, etc.) sont depuis longtemps réputés pour leur efficacité et leur rapidité à clarifier. En plus, ils sont particulièrement adaptés à certains types de vins. Par exemple :

  • Les blancs vont parfois réagir différemment selon l’agent de collage ; certains disent que la caséine les “respecte” mieux.
  • Les rouges tanniques bénéficieraient de l’action adoucissante de la gélatine.

Et tout ça, c’est difficile à détrôner. On ne change pas une formule qui marche… même si elle fait grincer des dents.

Les alternatives végétales : convaincantes mais sous-représentées

Heureusement, tout n’est pas perdu si vous voulez des vins sans cruauté ! Aujourd’hui, plusieurs options végétales s’imposent peu à peu, notamment dans des domaines plus sensibles aux questions éthiques et environnementales. Parmi elles :

  • La bentonite : une argile très fine, très efficace pour éliminer les particules.
  • Les protéines de pois : une alternative végétale au blanc d’œuf (et elles marcheraient exceptionnellement bien !).
  • Les protéines de pomme de terre : encore assez rares mais présentes sur le marché.
  • Tout simplement éviter le collage : dans cette approche dite "non-interventionniste", le vin est laissé tel quel sans clarification.

Le problème, c’est que ces solutions végétales coûtent souvent plus cher ou demandent des ajustements techniques. Certains vignerons hésitent encore à franchir le pas, soit par crainte que le rendu ne plaise pas, soit par paresse (soyons honnêtes). Sans compter que pour beaucoup, cette étape est justifiée uniquement d’un point de vue esthétique. Mais croyez-moi, un vin non filtré, légèrement trouble mais bien élaboré… c’est tout aussi beau !

Ah, les vins naturels… Vous vous dites sûrement qu’eux, au moins, sont irréprochables sur ce genre de sujet. Eh bien, pas si vite !

Certains vinificateurs dits “nature” utilisent encore ces pratiques traditionnelles, avec des agents d’origine animale, soit parce qu’ils ignorent les alternatives, soit parce qu’ils jugent leurs impacts marginaux. Car oui, le label “vin naturel” n’est pas forcément synonyme de veganisme. La charte AVN (Association des Vins Naturels) ne l’interdit pas. Cependant, beaucoup d’acteurs engagés dans le mouvement naturel tendent à privilégier d’autres pratiques : absence totale de collage ou recours aux alternatives végétales.

En revanche, ce qu’il faut savoir, c’est que l’industrie du bio, du naturel et même du conventionnel commence à être dominée par une demande croissante pour des vins totalement végans. Pas étonnant quand on voit qu’en 2021, 3 % des Français se déclaraient véganes ou végétaliens (source : Xerfi), avec des chiffres en forte augmentation chaque année. Qui dit demande, dit offre… et les vignerons s’adaptent peu à peu.

Comment savoir si un vin est végan ?

Alors là, c’est le casse-tête. Car aucun règlement en France n’oblige les producteurs à mentionner les agents de collage utilisés. Seul un label “vegan” (comme celui de la Vegan Society) garantit l’absence de produits d’origine animale, mais il reste rare. Un conseil ? Renseignez-vous directement auprès des vignerons (les artisans engagés adorent parler de leurs pratiques) ou fiez-vous à des cavistes spécialisés.

Alors, pourquoi les vins bios ou naturels utilisent-ils parfois des produits d’origine animale ? Principalement par tradition et habitude, souvent par manque de prise de conscience ou de dynamisme pour changer. Mais la bonne nouvelle, c’est que les alternatives végétales sont là, et elles ont tout pour s’imposer avec le temps. Les choses évoluent, doucement mais sûrement. Le mouvement végan est en plein essor et pousse même les puristes du vin à revoir leurs copies.

Et vous, que pensez-vous de tout cela ? Êtes-vous prêts à accepter un vin un peu trouble ou non filtré si cela signifie boire éthiquement ? Venez discuter, échanger ou partager vos coups de cœur végans. L’éthique, c’est aussi dans la bouteille, et ça commence aujourd’hui !