vin naturel : qu’est-ce que c’est et pourquoi il fait (beaucoup) parler de lui ?

24 mars 2025

Un vin naturel, comme son nom le suggère, est un vin produit avec un minimum d’intervention humaine, que ce soit à la vigne ou au chai. Mais concrètement, cela signifie quoi ? À la base de cette philosophie, il y a un grand leitmotiv : "laisser faire la nature". Ce que ça implique :

  • À la vigne : Aucun produit chimique, aucun pesticide ni engrais de synthèse ne sont utilisés. Globalement, les vignes doivent être cultivées selon des pratiques biologiques ou biodynamiques.
  • À la cave : Pas d'intrants œnologiques (ces substances ajoutées pour "corriger" ou "booster" le vin, comme les levures industrielles, le sucre ou les enzymes) et surtout pas d'ajout d'arômes artificiels. Les levures utilisées pour la fermentation sont exclusivement indigènes, c’est-à-dire celles naturellement présentes sur les raisins.
  • Soufre ou pas soufre ? C’est un volet clé : le vin naturel contient, dans la majeure partie des cas, très peu ou pas de soufre (SO2, utilisé comme conservateur). Pour donner une idée : là où la législation européenne autorise jusqu'à 150 mg/L pour certains vins rouges conventionnels, les vins nature contiennent souvent moins de 30 mg/L, et certains n’en ajoutent aucun.

Il est facile de s’y perdre entre toutes ces appellations. Alors, faisons simple.

  • Le vin biologique : Ici, la certification joue un rôle important. À la vigne, les pesticides et engrais chimiques de synthèse sont bannis. À la cave, le cahier des charges permet une utilisation limitée d'intrants, de soufre, et d'autres pratiques comme la filtration.
  • Le vin biodynamique : C’est une approche encore plus poussée. Les principes de Rudolf Steiner encouragent notamment l’utilisation de préparations naturelles (composts à base de plantes, par exemple) et le respect des cycles lunaires. Comme en bio, les intrants restent limités mais autorisés.
  • Le vin naturel : Là, on pousse à l’extrême : aucun intrant (ou presque, le soufre étant parfois toléré en micro-doses). À noter, le vin naturel ne bénéficie pas de certification officielle, faute de cadre règlementaire propre. Cela repose donc sur la transparence du vigneron et la confiance des amateurs.

Le vin naturel n’est pas une invention récente de bobos parisiens, désolé pour le cliché ! Ses racines remontent aux années 1950-60 en Beaujolais, où quelques vignerons visionnaires comme Jules Chauvet ont commencé à questionner les méthodes industrielles dominantes : pesticides, levures artificielles, sulfitage intensif. Leur objectif ? Préserver la pureté du fruit et sublimer le terroir sans artifices.

La mouvance a vraiment pris de l’ampleur dans les années 1990, portée par des figures charismatiques comme Marcel Lapierre, Catherine et Pierre Breton, ou encore Thierry Puzelat. Ces pionniers rejettent les standards industriels pour revenir à des pratiques artisanales. Aujourd’hui, des salons comme La Dive Bouteille (Saumur) ou Sous les Pavés la Vigne mettent à l’honneur ces vins partout en France et dans le monde.

Ah, on entre dans le vif du sujet. Parce que oui, derrière le charme du vin naturel, il y a aussi des sujets qui fâchent !

les sceptiques pointent le manque de cadre réglementaire

Contrairement au bio ou à la biodynamie, le vin naturel n'a pas encore de certification universellement reconnue. En 2020, la mention "vin méthode nature" a été créée en France, offrant enfin un label pour mieux encadrer ces pratiques. Mais il reste facultatif et tous les vignerons ne l’utilisent pas. Du coup, difficile pour le consommateur d’y voir clair.

une qualité parfois inégale

On ne va pas se mentir : le naturel, ça ne réussit pas toujours. Parce que l’absence d’interventions (notamment de soufre) peut laisser les vins plus vulnérables aux déviations aromatiques. Saveurs de pomme trop mûre, odeurs animales ou vinaigrées... Pour certains palais, c’est un coup de foudre ; pour d’autres, un échec cuisant. Tout est une question de goût et d’ouverture d’esprit.

des prix parfois élevés

Passons aux choses qui fâchent les porte-monnaie : le prix. Oui, beaucoup de vins naturels sont plus chers que leurs équivalents conventionnels. Pourquoi ? Parce que ces méthodes demandent énormément de travail manuel, de petits rendements, et parfois un équipement spécifique en cave. Mais la plupart sont produits par des artisans passionnés qui misent tout sur la qualité, pas sur le volume. Ce n’est pas une excuse, mais c’est une explication !

Malgré tout ce qu’on vient de voir, les vins naturels ont des atouts indéniables. Voici pourquoi ils méritent votre attention :

  • Une pureté aromatique : Lorsqu’il est bien fait, un vin naturel peut offrir une expression du fruit hors du commun. Les levures indigènes participent à créer une complexité souvent unique.
  • Un vrai respect de l’environnement : À l’heure où l’impact écologique de nos consommations est scruté, ces vins s’inscrivent dans une dynamique durable et non polluante.
  • Un retour au terroir : Sans additifs ni artifices, chaque parcelle s’exprime pleinement, offrant des vins avec une vraie signature géographique.
  • Une aventure gustative : D’accord, ce n’est pas toujours facile d’adhérer, mais tester des vins nature, c’est parfois sortir des sentiers battus du goût standardisé. Cuisine vegan et vins naturels font souvent bon ménage grâce à des saveurs brutes et sincères.

Pas besoin d’aller très loin, il y a sûrement des cavistes dans votre ville qui proposent une belle sélection de vins nature. Privilégiez le dialogue : demandez conseil, testez des bouteilles variées pour faire votre propre opinion.

Quelques valeurs sûres à explorer :

  • En blanc : Un chenin naturelle du domaine de l'Écu (Loire) ou un Pouilly-Fumé du domaine Alexandre Bain.
  • En rouge : Les Morgons de Marcel Lapierre ou un Brouilly de Jean-Louis Dutraive.
  • En pétillant : Un "pet-nat" (pétillant naturel) comme ceux du domaine Les Capriades – parfait pour l’apéritif !

Que vous soyez novice ou amateur éclairé, le vin naturel, c’est avant tout une invitation à repenser notre rapport au vin. Moins d’industrie, plus de petites mains, un retour à la terre et à l’authenticité. Alors, prêt.e à descendre dans les rangs des "natures" ? Prenez une cuvée, débouchez, goûtez, et surtout, faites-vous votre propre avis. Prochaine étape : trouver celui qui accompagnera comme un chef votre prochain plat végétal gourmand !